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samedi 23 mai 2015

Les brillants - Marcus Sakey ***


Pas désagréable mais sans grande surprise, sauf peut-être le fait d'être publié dans la Série Noire.


Quatrième :
Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les «Brillants». Depuis les années 1980, 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.
Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes. Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux. Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Miette :

Parce que tous les discours au sujet de la prévention de la guerre ne sont que des conneries. Ce qu'ils veulent vraiment, c'est la contrôler. Ils veulent provoquer et maintenir un état de guerre larvée. Ils veulent que nous soyons tous sur le qui-vive, en train de nous méfier de tout le monde. Les normaux et les anormaux, ceux de gauche et ceux de droite, les riches et les pauvres, tout le monde. Plus nous avons peur, plus nous avons besoin d'eux. Et plus nous avons besoin d'eux, plus ils deviennent puissants.

lundi 5 janvier 2015

L'exil intérieur - Roland Jaccard - ****

Présentation:

Il y a près d’un siècle, Nietzsche comparait l’humanité de demain à une plage de sable ; tous les humains, disait-il, seront très égaux, très ronds, très conciliants, très ennuyeux. La prophétie nietzschéenne s’est réalisée. Ultime figure de l’histoire, le petit-bourgeois s’étend planétairement. Sur-contrôlé de l’extérieur, auto-contrôlé de l’intérieur, décorporalisé, désexualisé, hyper-normalisé, l’homme de la modernité, quoi qu’il en ait, sera de plus en plus l’image même de l’homme administré coulant une existence paisible dans des sociétés d’abondance totalitaires – sans jamais prendre conscience que si ses besoins y sont satisfaits, c’est au détriment de sa vie même. Dans cet essai au ton vif et personnel, Roland Jaccard a tenté de tracer le portrait psychologique de l’homme de la modernité. Et de préciser le rôle que jouent les employés de la santé mentale (psychologues, psychothérapeutes, psychiatres…) dans la vaste entreprise de normalisation des conduites indispensable au bon fonctionnement de nos modernes médiocraties anonymes.

Miettes :

L’homme de la modernité est effectivement un homme faible, désarmé, comme châtré. Isolé, également. Il est l’homme de la technologie froide et des affects morcelés ; l’homme de l’exil intérieur. Schizoïde hors des murs de l’hôpital psychiatrique ; schizophrène à l’intérieur de ces murs.

-oOo-

Ce sera, c’est déjà, l’ère des grandes termitières où chacun sur l’échiquier réglé jouera avec la dernière énergie qui lui reste [...] son rôle de réactionnaire, centriste, révolutionnaire ordonné ou gauchiste désordonné dans un monde sans alternative où tout sera devenu critiquable et où la prolifération des utopies assurera de manière commode et anodine le bon fonctionnement des institutions existantes.

-oOo-

L’homme de la modernité se vit à travers ses troubles ; s’il les revendique comme son bien le plus précieux, sa production la plus personnelle, la plus authentique (la normalité est une valeur en baisse), il en rejette simultanément la responsabilité sur les autres : la famille, l’école, le travail, la société. Il les assume mal. Les défaillances sexuelles, les insomnies angoissées, le sentiment d’être étranger, bizarre, ailleurs ou simplement inférieur le conduisent chez le psychothérapeute, dernier recours individuel (il y a bien sûr les recours collectifs : politiser sa névrose) de sa détresse subie, jouée ou inventée.

-oOo-

Remarque:
Ouvrage plus psychanalytique. Des réflexions sur l'homme de la modernité toujours d'actualité.